Parentalité : quand être parent nous épuise...

Dernière mise à jour : 28 juin

Cet article évoque les différentes pistes pour les parents épuisés : thérapie, guidance, coaching, naturopathie, lectures... C'est l'occasion aussi de me présenter à nouveau.



Bienvenue aux nouveaux venus sur ce blog ! il y a eu du changement depuis quelques mois, avec la création de ma structure de coaching scolaire et thérapie La Boussole à Altkirch.


Je me présente : je m'appelle Elodie Rajalu, et je cumule plusieurs casquettes qui ont toutes d'une certaine manière un lien avec les parents !


Je suis d'abord professeure certifiée, et j'ai enseigné pendant 12 ans les lettres et le français à tous types de publics. J'ai récemment enrichi mon parcours d'une formation en psychopédagogie auprès de l'institut Cogitoz : une révélation avec le coaching scolaire, qui met au service des apprentissages et de la confiance en soi tous les outils de la psychologie moderne et intégrative.


La naturopathie et l'activité de thérapeute sont une autre facette puisque je pratique depuis 2019 avec une prédilection pour les problématiques liées à l'accumulation de stress et à des schémas de fonctionnement particuliers : burnout, épuisement parental, problématiques inflammatoires, troubles féminins...


Egalement maman de deux enfants, j'ai pu constater qu'entre la théorie et la mise en pratique, il y a parfois un (très) gros fossé...




Je reçois jeunes et adultes dans les locaux de La Boussole à Altkirch, et consulte également à distance en visio.


Lectures pour parents épuisés : un piège ?


Vous avez peut-être déjà cherché de l'aide lors de moments plus difficiles avec vos enfants. Chercher à comprendre ce qui se passe chez son tout petit ou même chez les plus grands, réduire les conflits, et surtout "bien faire" en tant que parent.


C'est une obsession parentale de plus en plus fréquente : vouloir être un parent idéal, qui réagirait toujours comme il faut, dirait les bons mots


Les livres sur le sujet peuvent alors apparaître comme des références incontournables ; et en effet, certaines lectures sont tout à fait enrichissantes. Les ouvrages d'Isabelle Filliozat, de Catherine Gueguen ou encore de Daniel Siegel offrent une nouvelle vision de l'enfant et de la parentalité avec l'éclairage des neurosciences. Une petite bibliographie des ouvrages intéressants sur le sujet est à venir sur le blog !


Nous comprenons toujours mieux le fonctionnement des jeunes, et c'est une très bonne chose. Mais ces lectures multiples peuvent avoir un effet pervers et entretenir des pensées peu réalistes : celles décrivant un foyer dans lequel l'harmonie règne, avec des enfants dont les besoins sont comblés. L'illusion d'une famille toujours calme, dont les membres se comprennent et se respectent mutuellement en permanence.


Face à cette représentation construite de toutes pièces, ce souhait d'être de bons parents, comment ne pas se sentir en difficulté, voire en échec, lorsque notre vie de tous les jours nous montre des contre exemples ? Il n'a pas voulu mettre ses chaussettes et s'est roulé par terre, nous avons perdu patience et hurlé "dépêche-toi" parce que dans 10 minutes la réunion commençait ! Elle va dans sa chambre et claque la porte, lève les yeux au ciel à la moindre question. Il se faufile pour jouer aux jeux vidéos. Elle refuse de faire ses devoirs. Et on s'entend crier, menacer, avec cette voix qui dit "tu es vraiment une mauvaise mère"...


Etre parent en burnout et ne pas oser consulter


Il y a encore un tabou sur la difficulté à être parent et une croyance selon laquelle on devrait se débrouiller tout seul.



Cela est dû à de nombreux facteurs :


- Les représentations idéalisées sur les réseaux sociaux. Une bonne fois pour toutes, non, Instagram ne donne pas toujours à voir la vraie vie des parents. Visages souriants, cheveux lissés, maisons bien rangées, enfants calmes... Tout ça c'est évidemment du pipeau, mais à force de le voir, on finit par penser que ces familles de cartes postales sont un modèle de réussite.


- L'entourage parfois peu compréhensif. "Avec moi, il obéit" ; "franchement, un peu d'autorité et c'est réglé. Tu te laisses beaucoup trop faire et tu exagères, ça ne devrait pas t'atteindre autant". "Tu es trop exigeante, allez profite ça passe trop vite !". Le point commun entre toutes ces remarques de l'entourage ? Elles manquent cruellement d'empathie, qualité dont on a pourtant besoin lorsqu'on est une maman épuisée ou un papa au bord de la crise de nerfs (l'inverse est également valable, la version monoparentale aussi). Les grands-parents, les amis qui font ce type de réflexions ont leur propre vision de ce qu'est la parentalité et de ce qu'ils ont vécu eux-mêmes en tant que parents. Ce sont des biais cognitifs qui ne les rendent ni objectifs, ni très aidants.


- Le sentiment de ne pas être légitime. Après tout, parent, ça devrait être naturel, facile, instinctif. Et pourtant ! Que de croyances à propos de la parentalité et de la façon de vivre ce moment de sa vie. Toutes ces pensées peuvent amener à être convaincu que même si on se sent mal dans sa vie de parent, consulter ne serait pas justifié. On ne pas pas y aller pour s'entendre dire qu'on y va "pour rien" alors que d'autres personnes qui souffrent "vraiment" pourraient consulter à leur place !


En réalité, consulter à partir du moment où on ressent une souffrance ou un mal-être en tant que parent est toujours justifié. Un thérapeute sensibilité aux problématiques parentales ne vous renverra jamais chez vous en vous disant que ce n'est rien et qu'il faut juste avoir un peu plus de poigne.

Consulter un thérapeute pour mieux vivre sa parentalité

La vraie vie de parent n'est pas un long fleuve tranquille.


De nombreux programmes de coaching en ligne fleurissent pour être de bons parents. Des programmes de "guidance parentale", de "maternage proximal", d'autres de "parents décomplexés". Comment s'y retrouver ?


- Les psychologues peuvent être un soutien indispensable lorsqu'on fait face à une forte anxiété, une dépression qu'elle intervienne dans un contexte de post partum ou pas. Ce type de consultation est à dédramatiser et devient de plus en plus fréquent. Le psychiatre lui peut aussi prescrire une médication s'il le juge nécessaire.


- La guidance parentale peut être une spécialité des psychologues, avec parfois des séances de groupe. Les échanges entre parents peuvent être tout à fait bénéfiques car on se sent enfin moins seul, et le fait d'entendre que d'autres parents sont en difficulté aide à relativiser.

- Les thérapeutes formés à l'accompagnement de la parentalité proposent des accompagnements avec un cadre souple et des outils qui varient selon le thérapeute. C'est l'occasion de poser un dialogue constructif sur la façon d'envisager la parentalité et d'alléger la culpabilité qui peut être liée aux exigences liées à l'éducation, l'autorité, la bienveillance... Comment souvent, il est important de faire appel à un professionnel avec qui vous vous sentez à l'aise et en confiance.


- Parfois, les difficultés parentales sont exacerbées parce que les enfants ont également besoin d'aide : il est toujours utile de se renseigner auprès des éducateurs et enseignants pour échanger et voir si votre enfant peut bénéficier d'un bilan.


Dans tous les cas, consulter ne signifie pas que l'heure est grave et que vous avez échoué en tant que parents ! C'est au contraire une belle marque de courage et une façon de prendre soin de vous.


Et vous, quelle vision avez-vous de la consultation ? Pensez-vous que les difficultés de parents soient un motif de consultation ?

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